Billets de gasparic

CULPABILITE SUITE

LA CULPABILITE (partie 2)

               "J'avais besoin d'abord de me renouveler, de trouver une nouvelle façon de sonder le fond de moi-même. J'avais perdu près de trente-sept ans à croire en l'image que je m'étais faite de moi-même. je m'étais piégé moi-même en croyant, à la lettre, à la définition que mes parents avaient formulée de moi. Ils m'avaient déjà défini, déchiffré, comme s'il s'était agi d'un mystérieux hiéroglyphe, et j'avais passé ma vie à tenter de correspondre à cet être illusoire qu'ils avaient inventé. Ils avaient réussi à faire de moi l'exact reflet de ce dont ils avaient besoin à cette époque".

Pat CONROY, LE PRINCE DES MAREES

Commençons par nous souvenir que des parents doivent être considérés comme dysfonctionnels lorsqu’entrent en jeu l’alcoolisme, la toxicomanie, l’obsession sexuelle, la passion du jeu, la boulimie ou l’anorexie, un comportement criminel, une maladie grave physique ou mentale, ou autres affections graves.

1 – LA MALTRAITANCE

               Un enfant exploité, brutalisé ou traité sans affection finit généralement par avoir l’impression qu’il n’est pas digne d’être aimé et ne mérite pas d’être bien traité. Très souvent, ces enfants maltraités minimisent les fautes de leurs parents et comme nous l’avons déjà dit c’est plus tard à l’âge adulte en analysant ses comportements présents et son passé qu’il prend conscience de la nature nuisible d’un comportement paternel ou maternel.

 Cet enfant maltraité devient souvent un adulte maltraitant pour ses enfants ou son conjoint, ou s’auto puni en se croyant « mauvais » et pas « digne d’être aimé » en abusant de nourriture, d’alcool, de drogue, d’auto flagellation, etc…)

 Si nous avons été dans ce cas, il est important de comprendre les responsabilités du ou de nos parents et d’accepter leurs torts ; de prendre conscience que les comportements de nos parents ne nous appartiennent pas et que nous pouvons changer. Nous n’avons pas à porter leurs fardeaux en nous, notre devoir est de retrouver notre libre arbitre, c’est le moins que nous puissions faire pour nous !

2 – DES MESSAGES NEGATIFS

Des messages directs et indirects

            Tous les parents transmettent de temps en temps à leurs enfants des messages nuisibles. Mais il est rare que cela soit fait dans une intention malveillante. Dans la plupart des cas, les parents répètent tout simplement le même type de commentaires critiques, humiliants et dévalorisants qu’ils ont entendus de leurs propres parents.

         Surtout ne nous alarmons pas outre mesure si nous nous surprenons à rembarrer avec humeur nos enfants ou à les critiquer occasionnellement, il nous suffit alors de leur présenter nos excuses. Les messages qui sont les plus nocifs pour ces derniers sont ceux qu’ils entendent souvent tout au long de leur enfance. Il est intéressant de préciser que ces messages nocifs peuvent également émaner de frères et de sœurs, de membres de la famille, de professeurs des écoles, de copains, copines, de religieux ou d’entraîneurs sportifs. Quelle que soit leur source, ces messages peuvent faire croire à l’enfant qu’il est « mauvais », « pas intéressant », « pas à la hauteur », « méchant » etc… et une fois que ces convictions négatives sont installées dans l’inconscient de l’enfant, elles peuvent être difficiles à déloger.

Par exemple :

          Avez-vous déjà entendu une mère dire à son enfant « tu es bête », « tu es fou », « on ne fera rien de toi », « tu es un bon à rien », « t’es pas comme ton frère », « t’as pas honte de pleurer ? », « tu ne fais rien de bien », « tu me tues », etc…?  Si ces messages sont récurrents, l’enfant va faire de ces messages des croyances qui vont conditionnées sa vie jusqu’à ce qu’il prenne conscience de ces dernières, si toutefois il le fait un jour. Ce sont des messages DIRECTS.

         Mais il existe des messages indirects jamais formulés précisément mais seulement implicitement et ceux-là sont très difficiles à corriger.

Exemples :

            - Si un enfant est ignoré ou si ses propres souhaits et préférences ne sont jamais pris en considération, il risque fort d’en conclure qu’il compte peu et que ses pensées ou ses sentiments n’ont aucune importance ; il sera plus tard un adulte qui niera ses désirs et ses besoins et n’exprimera pas ses sentiments ;

         - si ses parents sont nerveux, s’ils « marchent sur des œufs » dès qu’ils se trouvent dans son entourage, l’enfant en conclura peut-être qu’il y a en lui quelque chose de dangereux ou de terrible ; Il sera un adulte qui aura perdu toute considération pour lui-même et manquera d’assurance ;

             - si on exhibe un enfant (danse – concours de beauté – jouer d’un instrument etc…) pour les propres désirs des parents, il y a de fortes chances pour qu’il ait la sensation d’être une poupée ou un objet dont la seule valeur réside dans son apparence ; il sera un adulte qui aura besoin des projecteurs, d’être remarqué, de briller par ce qu’il possède (jolie voiture, beau corps physique, belle maison etc…) par ce qu’il fait (se montrer sur scène ou à l’écran ) ;

           - si l’on couvre un enfant ou un ado de honte à cause de désirs et de comportements naturels, il pourra en venir à avoir profondément honte de lui-même ; il sera peut-être un adulte pédophile, violeur ou sera complètement inhibé sexuellement, n’aimera pas son corps etc…

           - si l’on dit à un garçon que son père est un minable et qu'il lui ressemble, ou à une fillette que sa mère est une « salope » et qu’elle lui  ressemble, l’un et l’autre se sentiront vraisemblablement honteux, il sera peut-être un adulte démotivé, honteux et dépendra des autres ;

  - si un enfant est constamment harcelé et critiqué, il aura tendance à croire que rien de ce qu’il peut faire n’est jamais assez bon et qu’en dépit de ses efforts il finira inévitablement par échouer, il sera peut-être un adulte qui aura un grand manque de confiance en lui.

            - si l’enfant est traité comme l’enfant « chéri » et qu’on s’attend à ce qu’il excelle en tout, il en viendra peut-être à penser que quoi qu’il fasse, il n’arrivera jamais à satisfaire les attentes excessives de ses parents. Ainsi, même s’il réussit fort bien, il aura peut-être en son for intérieur l’impression d’avoir échoué, il sera peut-être un adulte perfectionniste, jamais satisfait de ce qu'il réalise, et voudra toujours se surpasser au détriment de sa santé physique et mentale.

Des messages directement culpabilisants

« J’ai abandonné par carrière pour m’occuper de toi »

« je suis restée avec ton père pour ton bien »

« tu es turbulent »

« tu me rends malade »

« De toute façon du es un bon à rien » etc…

         Il y a donc comme ci-dessus des phrases qui sont dites et transmises à l’enfant mais il y a aussi des soupirs ou des mimiques de la part de certains parents qui peuvent laisser entendre de façon non verbale que leur enfant est pour eux un terrible fardeau. N’oublions pas que ces parents ne font que reproduire les façons d’agir de leurs propres parents.

            Qu’ils soient verbaux ou physiques ces messages restent programmer dans l’inconscient de l’enfant et vont raisonner insidieusement dans sa vie et guideront ses comportements durant toute sa vie.

            Les enfants que nous avons été acquiesçons à ces messages négatifs afin d’éviter la culpabilité qui résulterait de notre rébellion.

L’obéissance nous permet donc de maintenir nos liens et l’amour de nos parents. Il est également possible que nous y acquiescions afin d’éviter le crime imaginaire de trahison.

Les messages négatifs transmis par la société

            Bon nombre d’entre nous, avons reçu des médias, de la société en général, et de la religion, des messages négatifs tels que :

            - des stéréotypes très répandus sur les femmes, les vieillards, les personnes en surpoids, l’échec scolaire, le travail manuel etc…

            Et nos parents ont également été influencés par ces messages.

Par exemple, dans certaines familles ou cultures les filles sont traitées comme si elles avaient moins de valeur que les garçons et que l’on ne s’attendait pas à ce qu’elles fassent carrière, on les élève en bonnes ménagères et en bonnes épouses, on fait comprendre aux garçons qu’ils doivent devenir médecins, avocats ou chefs d’entreprise.

Heureusement, aujourd’hui ces archétypes ont tendance à reculer même s’il reste encore de nombreux clichés.

3 – LES PENSEES DE PUNITION

            Ce paragraphe est très important : lisez bien ce qui suit :

Nous l’avons déjà exprimé : nous aimons bien nous punir (inconsciemment). Nous avons tous été tourmentés à un moment ou à un autre par des pensées bizarres, obsessives et déprimantes. Pourquoi ces pensées surgissent-elles dans notre tête à certains moments de notre vie, alors qu’à d’autres nous en sommes délivrés ?

Avez-vous remarqué que la plupart du temps, ces pensées surviennent quand tout va bien ?

Cela est en fait le signe révélateur que nos inquiétudes peuvent être une façon de nous punir. Comme nous nous jugeons coupables de crimes imaginaires, nous avons l’impression que nous ne méritons pas le succès ou le bonheur. Lorsque tout va bien, des processus inconscients entrent en jeu en produisant des pensées de punition.

UNE PENSEE DE PUNITION EST UNE IDEE OU UN FANTASME DEPRIMANTS OU EFFRAYANTS DONT LE PROPOS INCONSCIENT EST DE CREER EN NOUS UN MALAISE ! Gifs Animés Etoiles (37)Gifs Animés Etoiles (37)

Ce malaise nous permet de fuir le sentiment inconscient de culpabilité que nous ressentirions si nous nous laissions vraiment à aller jouir de notre vie Exclamations-0

Incroyable, non ? et pourtant…..

             Ces pensées proviennent donc quand tout va bien pour nous mais aussi lorsque des membres de notre entourage ont eux des problèmes quels qu’ils soient, tout ceci est inconscient. Nous nous sentons inconsciemment coupables de surpasser, ou d’être heureux, ou de trahir ou de posséder davantage que certains membres de notre entourage.

Voici ci-dessous quelques pensées de punition :

Nous nous jugeons de paresseux, stupides, laids, égoïstes, superficiels, méchants, faibles, lâches, dépendants, trop gros, trop minces etc…

Compte tenu du fait que le but inconscient des pensées de punition est de créer en nous un malaise, presque n’importe quel type de critique – quelque irrationnelle que ce soit- y parviendra.

Exemple :

             -  si notre mère vit seule et repliée sur elle-même et que nous sommes heureux avec notre conjoint il est possible que des pensées comme « je suis une mauvaise fille ou garçon car j’abandonne ma mère, je la laisse toute seule » s’emparer de notre mental.

             - Si notre père est cloué dans un fauteuil roulant, refermé sur lui-même il est alors possible que nous ayons des pensées du genre « Je suis une mauvaise fille ou garçon, je ne fais rien pour lui, je ne suis pas assez présent(e), je ne l’écoute pas assez, je suis en bonne santé, je n’ai pas le droit d’être heureux(se), etc… » et au niveau des comportements, il y a de grande chance, que nous nous choisissions des relations amoureuses destructrices afin de nous faire souffrir COMME peut souffrir la figure paternel ici dans notre exemple ou tout simplement nous punir de ne pas être à la hauteur de ce que nous croyons devoir être ou faire....

             - Si nous avons réussi dans notre vie professionnelle et que notre frère ou notre sœur ou quelqu’un que nous aimons bien ressent un malaise à ce niveau, nous allons peut-être à un moment ou à un autre commettre des erreurs pour échouer…

                    Nous vivons un nombre infini de situations qui nous amènent à ressentir de la culpabilité, le champ est vaste !

                    Malheureusement, il ne suffit pas d’identifier une pensée de punition pour la faire disparaître, le mieux est de parvenir à retracer les origines de cette pensée et d’interrompre notre dialogue intérieur obsessif.

4 – LES COMPARAISONS NEGATIVES

            Afin de s’auto punir, toujours par loyauté inconsciente pour des membres de notre entourage, nous nous comparons négativement aux autres, ce qui nous permet de nous sentir paresseux, bêtes, peu attachants, peu attirants, de souligner notre insuccès ou de nous dévaloriser de toute autre manière. Nous pouvons utiliser cette stratégie d’autopunition même si nous sommes disciplinés, créatifs, attirants et brillants.

Voici ci-dessous quelques comparaisons négatives :

« Il a le même âge que moi et il est directeur et moi je ne suis qu’un cadre moyen »

« les autres savent lire et pas moi, donc je suis nul (le) »

« Il a réussi à parcourir un total de 95 km chaque semaine alors que je parviens à peine à en couvrir 20 » etc….

 

5 – ETRE OBSEDE PAR LES SOUFFRANCES DES AUTRES

            Certains d’entre nous se punissent avec des pensées culpabilisantes au sujet de gens moins heureux que nous avec toujours en arrière - plan, des crimes imaginaires contre notre entourage.

Exemple :

          - Un enfant qui s’est senti préféré à son frère ou à sa sœur par les parents

       -  Un enfant qui voit sa mère malheureuse parce que son mari la néglige

            Cet enfant devenu adulte va se sentir inconsciemment coupable d’avoir obtenu l’amour dont sa sœur ou son frère avait besoin (voler l’amour des parents) ou d’avoir quitté et négligé sa mère malheureuse (abandonner ses parents).

                S’inquiéter pour des gens moins heureux que nous avec des pensées d’autopunition permet d’échapper au sentiment de culpabilité inconscient éprouvé pour une sœur ou un frère mal aimé ou pour une mère abandonnée. Bien entendu, il n’est pas mauvais de s’occuper des autres s’ils vous le demandent.

           Pour faire la distinction entre préoccupation véritable et pensée de punition, il faut observer à quel moment de telles pensées surviennent. Si par exemple, nous ne nous préoccupons des souffrances des habitants du tiers monde QUE LORSQUE TOUT VA BIEN POUR NOUS, il est fort possible qu’il s’agisse d’autopunition, et si nous ne prenons aucune mesure concrète pour apporter de l’aide à ces gens, nous pouvons considérer notre préoccupation comme une punition pour des crimes imaginaires.

6 – l’IDENTIFCATION A UNE MERE OU A UN PERE MALHEUREUX

                  Si nous avons grandi avec l’impression que nous étions responsables des souffrances de notre mère ou de notre père malheureux, nous nous punirons peut-être en nous identifiant à eux comme suit :

           - Nous prendrons pe

  -      Nous imiterons peut-être justement des patterns qui les ont rendus malheureux,

    -    Nous aurons peut-être l’impression que notre destin est le même que le leur, que cela corresponde ou non à la réalité.

           Si nous nous identifions à l’un de nos parents malheureux (en adoptant les mêmes patterns que lui et en nous créant le même genre de problèmes) c’est afin d’éviter de commettre contre lui quelque crime imaginaire, c’est une sorte de « loyauté familiale ». Car nous croyons inconsciemment qu’en adoptant un pattern dysfonctionnel ressemblant ou identique au sien, nous serons délivrés de la pensée culpabilisante de l’avoir surpassé ou trahi. C’est pourquoi nous nous surprenons souvent à refaire exactement les choses qui nous irritaient quand nous les observions chez nos parents.

7 – LA FUITE DU BONHEUR

 « Les gens tombent parfois malades précisément parce que s’est réalisé l’un de leurs désirs les plus chers. Il semble alors qu’ils ne puissent supporter leur félicité »  Sigmund Freud

   La culpabilité d’avoir abandonné, surpassé l’un de nos parents ou de s’être montré déloyal envers lui, le fait de croire en un grand nombre de messages négatifs de nos parents, nos crimes imaginaires et nos convictions menaçantes, peuvent nous empêcher de connaître des relations intimes et satisfaisantes, d’avoir un travail lucratif et intéressant, de se faire plaisir, d’être en bonne santé.

  Nous pouvons bien inconsciemment ne pas vouloir nous rendre heureux (le bonheur ne vient pas des autres mais bien de nous-mêmes) par loyauté familiale, ou parce que nous pensons ne pas le mériter.

            La plupart d’entre nous souffrons d’une combinaison de deux types de convictions menaçantes et inconscientes :

           - Crainte de faire du mal aux autres en commettant des crimes imaginaires,

           -  Crainte que les autres ne nous fassent du mal, nous rejettent, ne nous humilient, ne nous exploitent ou ne nous agressent.

               Si nos parents nous ont rejetés, humiliés, exploités, ou agressés de quelque manière, il n’est pas étonnant que nous craignions que les autres ne fassent de même. Mais la peur de faire du mal aux autres –en commettant des crimes imaginaires- est finalement beaucoup plus gênante que la peur du contraire… et de cette manière nous n’accédons pas au bonheur.

8 – PROBLEMES D’ALCOOL ET TOXICOMANIE

Un enfant d’alcoolique est une personne qui a grandi avec un adulte – que ce soit le père, la mère ou la principale personne qui en avait la garde – qui faisait un usage abusif de l’alcool. Bien que chaque enfant d’alcoolique soit unique, bon nombre d’entre eux éprouvent les impressions énumérées ci-dessous :

             - il se sent responsable de ce qui arrive à ses proches,

            - il a du mal à nouer et à maintenir des relations intimes et saines,

            - il éprouve le besoin excessif de dominer les autres,

            - il éprouve le besoin excessif de se maîtriser,

            - il se sent parfois isolé, seul et profondément triste,

            - il a un grand besoin d’intimité mais en même temps il la redoute,

            - il a peu d’amour-propre,

            - il pense que l’on ne peut l’aimer,

            - il s’efforce de ne pas décevoir les autres,

            - il nie ou réprime ses sentiments profonds,

            - il redoute tout particulièrement sa colère et celle des autres,

            - il a du mal à demander et à défendre ses propres besoins,

            -il n’est pas à l’aise lorsque l’on consomme de l’alcool en sa présence,

            - il a des comportements de dépendance physique et mentale (alcool, nourriture, drogue, achats, travail, sport, jeux sous forme d’addiction, dépendance à autrui…),

            - il a tendance à voir les choses en noir et blanc, en terme de tout ou rien,

- il lui arrive fréquemment de réagir de manière excessive à la critique

Cette liste inclut un tel éventail de problèmes humains courants que presque chacun d’entre nous reconnaîtra l’un d’entre eux. Mais souvent, les enfants d’alcooliques –comme les enfants d’autres familles dysfonctionnelles- découvrent que plusieurs de ces problèmes les affectent sérieusement.

               Il a été également observé que dans certaines familles, des patterns de comportements dysfonctionnels qui semblent dus à l’alcoolisme ont été transmis d’un grand parent même si les parents n’abusaient pas eux-mêmes de l’alcool.

 9 – EXEMPLE CONCRET D'UNE PATIENTE :

         Brigitte est venue en thérapie pour comprendre pourquoi ses relations de couple étaient toujours très difficiles à vivre et se terminaient inévitablement par une séparation. C’est seulement quand la souffrance devenait insupportable que Brigitte mettait fin à la relation, mais il fallait à chaque fois, qu’elle « touche le fond » pour prendre conscience que sa relation actuelle était encore destructrice pour elle-même.

        Ses relations duraient souvent deux ou trois ans mais étaient vécues au fil des mois avec de la souffrance morale et quelquefois physique. Dans chaque relation, elle s’oubliait elle-même car elle voulait se révéler parfaite au regard de son conjoint, et elle acquiesçait donc à la plupart des désirs de ce dernier.

         Tout d’abord, nous avons analysé sa relation enfant-parents, et elle a pris conscience que la relation avec son père était compliquée et surtout empreinte de culpabilité. Son père avait eu un accident et s’était retrouvé cloué dans un fauteuil roulant ; ce dernier avait très mal vécu  ce handicap et n'était jamais parvenu à gérer ses émotions (tristesse, colère, injustice, inutilité etc.…), il était souvent triste et de très mauvaise humeur et faisait supporter ses états d’âme à sa femme et ses enfants. Brigitte s'est sentit rapidement coupable de ne pas pouvoir « soigner » son père, de faire trop du bruit à certains moments, de ne pas répondre à ses attentes et en est venue à se caractériser de MAUVAISE FILLE et ainsi avec cette certitude d’être une mauvaise fille, elle a développé un manque de confiance et d’estime d’elle-même.

            Ce manque de confiance et d’estime l’amenèrent à demandé d’être ENFIN reconnue par la gente masculine (compensation) et d’être ENFIN aimée. Elle se laissa donc choisir par des hommes qui la valorisaient physiquement (elle est très jolie), et qui avaient en eux un mal-être.

           Le regard de l’homme valorisant lui permettait de retrouver une certaine reconnaissance et un certain intérêt d’elle-même, et le mal-être de l’homme, lui permettait à certains moments de se sentir utile en essayant « d’aider » son conjoint souffrant (Mère Thérésa, infirmière, thérapeute etc...).

           Après la prise de conscience de ce fonctionnement « masochiste » dû à une profonde culpabilité pour son père, nous avons utilisé l'hypnose Ericksonienne afin que Brigitte puisse évacuer sa culpabilité, retrouver la confiance et l’estime d’elle-même, et couper le lien de souffrance avec son père. Au fur et à mesure des séances, elle s'est sentit plus forte, et de plus en plus sure d’elle-même pour affronter son père et ne plus se laisser manipuler par les plaintes de ce dernier , par contre, elle ressentait toujours la peur de la solitude, nous avons donc travaillé sur le sentiment d’abandon qui se trouve toujours caché derrière la sensation de solitude, et encore avec l'aide de l'hypnose, nous avons été retrouver la petite fille abandonnée, pour que Brigitte, l’adulte, puisse la consoler et la réconforter, et nous avons insisté sur le sentiment d’abandon par le biais de métaphores.

             Brigitte a pris alors la décision de se reconstruire doucement en évitant pendant quelques temps toute relation amoureuse, elle a appris à vivre seule et à se faire plaisir dans plusieurs activités, elle a appris à apprécier sa liberté d'être et de faire, à retrouver de la considération pour elle-même et a décidé à l’avenir d’être en accord avec elle-même et de refuser tout manque de respect de la part d’une autre personne.

  Aujourd’hui, elle se donne encore du temps pour rencontrer l’homme qu’elle a décidé de choisir (et non plus de se laisser choisir pour exister), elle s’est découvert des talents d’écrivain, et travaille sur un livre, elle aime le confort de son appartement dans lequel elle apprécie se retrouver pour trouver le repos et une certaine paix après une journée de travail, et sort quelquefois avec des amis…. Elle pratique encore « Mère Thérésa » avec des amies filles, et nous travaillons encore sur son côté « besoin d’être utile »… Mais elle ne se sent plus coupable ni responsable, ni avoir aucune forme de puissance sur son père même si ce dernier reste une victime et tente de culpabiliser son entourage.

A RETENIR POUR CONCLURE

            « En nous sentant coupables, nous éprouvons une sensation de responsabilité et de puissance sur les autres. Il faut finir par admettre que nous ne pouvons gérer le destin de ceux qui nous entourent et que nous ne sommes pas forcément responsables et donc coupables de leurs malheurs. Comprendre que chacun dispose de son libre arbitre et a donc une influence directe sur ce qui lui arrive. Si cette personne, enfant, parent ou collègue de travail parvient à nous faire croire que nous sommes en partie responsables de ses problèmes, cela prouve en quelque sorte que nous reconnaissons avoir une influence sur le destin de la personne en question. Et consciemment ou pas, cela nous satisfait.

            Ne sommes-nous pas trop présomptueux de croire que nous gérons le destin de nos proches ?

 

 

THEMATIQUE DE NOTRE VIE AU QUOTIDIEN

LA CULPABILITE

Avant d'aller plus loin dans l'argumentation de la culpabilité je souhaiterais insister sur le fait que nous ne pouvons pas être des personnes parfaites ! et heureusement ! Nous devons tous apprendre de nos erreurs et non pas nous en vouloir de ne pas avoir réussi à faire telle ou telle chose,  d'avoir oser dire non à l'autre, d'avoir dit telle ou telle parole, ou d'avoir montrer notre colère.

D'ailleurs, il n'y a rien de plus ennuyeuse qu'une personne trop parfaite ! Ne croyez-vous pas ?

Un grand nombre de nos problèmes psychologiques sont causés par la culpabilité qui est un sentiment destructeur pour un bon nombre d'entre nous.

Nous n'allons pas parler ici du sentiment de culpabilité que nous ressentons si nous nous sommes comportés de façon cruelle ou malhonnête envers quelqu'un mais de ces sentiments de culpabilité diffus et inconscients.

Nous allons donc argumenter sur ce fameux sentiment de culpabilité INCONSCIENT qui nous pousse à nous attirer frustrations, tristesse, solitude ou échec, certaines conduites destructrices physiques et morales, des angoisses ou du découragement sans raisons apparentes comme si nous ressentions le BESOIN DE NOUS PUNIR.

NOUS NOUS PUNISSONS SOUVENT POUR APAISER NOTRE SENTIMENT INCONSCIENT DE CULPABILITE !

Oui... L'humain est son propre rival.

Je pense que vous avez deviné que nous puisons ce sentiment de culpabilité dans notre enfance. Enfant, nous nous sommes convaincus et bien inconsciemment que nous étions responsables des souffrances, déceptions et insuffisances de nos parents ou des membres de notre famille. C'est précisément cette idée inconsciente (selon laquelle nous sommes coupables de tous ces maux) que nous appellerons "crimes imaginaires".

Enfants, avons-nous été responsables de la dépression de notre mère ? De l'alcoolisme de notre père ou de nos deux parents ? du décès de notre père ou de notre mère ? de la séparation de nos parents ?

Bien sûr que non ! Et pourtant nous nous punissons pour ces crimes imaginaires, des crimes que nous n'avons jamais commis, ou même qui ne se sont jamais produits mais que nous avons simplement imaginés !

Maintenant il se peut que j'étonne certains ou certaines d'entre vous par ce qui suit :

Nous ne sommes pas motivés exclusivement par notre intérêt personnel !

car :

Enfant, nous ressentons tous très fortement le besoin de protéger ceux que nous aimons et de prendre soin d'eux, tout particulièrement nos parents, nos frères et soeurs.

Cela vous dit-il quelque chose ????

Avez-vous observé la manière dont un aîné va se croire responsable de son cadet ? Si toutefois les parents amplifient cette responsabilité en demandant à l'aîné "de faire attention à son petit frère ou sa petite soeur", "de montrer qu'il est grand, qu'il doit montrer le bon exemple", etc... Cette responsabilité va devenir très lourde à porter pour l'enfant aîné et va rester programmée dans son inconscient jusqu'à l'âge adulte.

Certains d'entre nous, n'ont-ils pas vécu, enfant, l'impression d'être un fardeau pour leurs parents ? Ou l'impression d'être trop différents, ou trop actifs ou trop de... ou de pas assez de... en tout cas non conformes à l'attente de nos parents ?

Mais attention, dans certains cas, cela ne veut pas dire qu'effectivement nos parents attendaient quelque chose de nous... non !... nous avons pu aussi seulement le croire et grandir avec cette croyance.

A cause de notre nature altruiste et parce que notre survie dépend du maintien des liens qui nous unissent à nos parents, nos contacts avec ces derniers sont de la plus haute importance. Nous pouvons condamner tout trait de notre personnalité qui semble les déranger et nous conformer à leurs attentes car nous craignons de les blesser, de les "fâcher" et ainsi qu'ils nous retirent l'appui, l'amour ou la protection dont nous avons besoin pour survivre.

Prenons l'exemple d'un enfant plein d'entrain qui sent que sa bruyante énergie dérange sa mère déprimée en conclura peut-être que sa vivacité est un dangereux défaut ; il réprimera donc son enthousiasme pour devenir lui aussi, déprimé ou triste. Si par contre il garde sa vivacité, il se convaincra peut-être au fond de lui-même que son exubérance est mauvaise et fait du mal aux autres. Cette conviction inconsciente peut devenir si puissante qu'elle le poussera à agir de façon à faire de cette sombre conviction une réalité : il parlera peut-être sans y être autorisé en classe, ou se montrera désobéissant de façon à être réprimandé par ses professeurs !

C'est peut-être difficile à admettre... mais nous fonctionnons bien comme cela, mais nous n'en n'avons pas conscience

Prenons un autre exemple : un enfant dont la mère lui déclare qu'il n'a pas été désiré, qu'il est "un accident", cet enfant pourra culpabiliser d'exister et gardera ce non droit à l'existence à l'âge adulte et il se rejettera, se mettra de côté quand il sera avec les autres, si bien qu'il se sentira rejeté, ou bien choisira des gens qui le rejetteront ;

                                        ou la mère qui dit à son enfant que sa naissance a eu pour conséquence des problèmes de santé ; l'enfant grandira alors avec un fort sentiment de culpabilité d'être "mauvais", "de trop", "de faire du mal" et ensuite à tout âge il se punira d'exister, soit en restant avec des personnes toxiques, en évitant d'évoluer professionnellement, en refusant tout plaisir, en se dénigrant, en se croyant méchant, etc... Les exemples sont nombreux.

Ceux qui souffrent d'un fort sentiment inconscient de culpabilité peuvent ruiner leur mariage, s'aliéner leur famille, saboter leur carrière, devenir toxicomanes ou souffrir d'anxiété et de découragement. Ceux pour qui ce sentiment inconscient de culpabilité est moins écrasant se puniront de façon moins flagrante en dépensant de l'argent, en critiquant sans cesse leur conjoint, ou en "oubliant" constamment de garder du temps pour les activités qui sont le plus susceptibles de les nourrir.

Il arrive quelquefois que ce sentiment de culpabilité naisse aussi de situations traumatiques dans l'enfance comme les accidents et les maladies (aussi bien les nôtres que celles des membres de notre famille), les agressions physiques ou sexuelles, les problèmes financiers de la famille, l'alcoolisme d'un parent ou des deux ; ce qui nous amènent à parler de parents "dysfonctionnels".

Des parents doivent être considérés comme dysfonctionnels lorsqu'entrent en jeu l'alcoolisme, la toxicomanie, l'obsession sexuelle, la passion du jeu, la boulimie, un comportement criminel, une maladie grave physique ou mentale ou autres affections graves. Mais que ces facteurs soient présents ou non, si un enfant est agressé physiquement, émotionnellement ou sexuellement, ou gravement négligé, si on ne lui donne pas les soins et la compréhension dont il a besoin pour une croissance psychologique saine, alors le père ou la mère ou les deux doivent être considérés comme dysfonctionnels.

Il est important de savoir que les enfants se remettent des traumatismes de leurs premières années d'une façon remarquable POURVU QU'IL LEUR SOIT PERMIS D'EN PARLER AVEC LEURS PARENTS OU AVEC DES FIGURES PARENTALES OU DES SOIGNANTS CAPABLES DE LES AIDER. Malheureusement dans une famille dysfonctionnelle, on nie l'existence des troubles, soit parce qu'il y a une réelle inconscience des problèmes soit pour sauver la réputation de la famille, soit par manque de confiance et de volonté.

Généralement, les enfants ne se rendent pas compte sur le moment que leur famille est dysfonctionnelle. Ce n'est souvent que bien des années plus tard, lorsque, devenus adultes, ils cherchent à régler leurs problèmes psychologiques qu'ils se trouvent confrontés au fait que leur père ou leur mère ou les deux aient pu être modérément ou gravement dysfonctionnels.

Lorsque les parents d'une famille dysfonctionnelle nient constamment l'existence d'un problème, l'enfant qui a bien senti tout de même que quelque chose n'allait pas au sein de l'ambiance familiale puisqu'il se sent triste, effrayé, inquiet et irrité, croira qu'il est responsable de tout ce qui ne va pas. Si les parents livrent le genre de message : "avant ton arrivée, maman et moi étions heureux" "depuis que tu es né (e) plus rien ne va" " c'est à cause de toi que papa boit" etc... le malaise de l'enfant ne fera qu'empirer et l'enfant croira qu'il est méchant, égoïste, indigne et responsable des maux et déceptions de tous ceux qui l'entourent.

Si nous sommes issus d'une famille dysfonctionnelle, il nous est peut-être très difficile d'accepter quelque critique que ce soit. Comme nous nous sentons DEJA TELLEMENT COUPABLES ou responsables, à la moindre critique, nous serons peut-être immédiatement sur la défensive car en RECONNAISSANT toute imperfection, nous ressentirons un intolérable sentiment de culpabilité. Cette défense peut être encore plus forte si nous nous identifions à une mère ou un père qui ne pouvait souffrir la moindre critique. Afin d'éviter les critiques, l'enfant s'efforcera peut-être sur certains plans d'être tellement parfait que personne ne trouvera l'occasion de le critiquer ou inversement. Le résultat direct de ces tendances perfectionnistes est que les enfants issus de familles dysfonctionnelles font souvent d'excellents employés.

Fréquemment, la capacité qu'ont un père ou un mère dysfonctionnels de comprendre leur enfant et de partager des moments avec lui est passablement diminuée : l'enfant grandira peut-être avec l'impression que même si son père ou sa mère ont su subvenir à ses besoins matériels, ils étaient souvent distants ou émotionnellement absents. Il en viendra à croire qu'il n'est pas digne d'être aimé et de mériter l'attention d'une autre personne. Il pourra en conclure aussi que les autres ne sont pas compatissants et qu'ils ne feront jamais d'efforts pour le comprendre ou pour répondre à ses besoins. Ces deux convictions seront un obstacle dans le développement de ses relations intimes et heureuses.

Le partenaire d'une personne dysfonctionnelle est parfois tellement dépassé et surchargé qu'un enfant peut facilement penser que ses propres besoins sont tout simplement excessifs. Devenus adultes, bon nombre d'enfants issus de familles dysfonctionnelles se croiront coupables d'avoir été un fardeau pour leurs parents et coupables de les avoir abandonnés lorsqu'ils quitteront la maison familiale : laisser papa seul avec maman, atteinte de maladie mentale grave, ou laisser maman seule avec papa qui est un alcoolique peut paraître terriblement cruel.

De nombreux enfants de parents dysfonctionnels grandissent avec la conviction qu'ils ne peuvent tout simplement pas faire confiance aux autres sur le plan affectif parce qu'ils se sont sentis trahis affectivement par leur père ou leur mère. Et quand il y a un dénie de la part des parents, les enfants pourront grandir avec l'impression que d'une manière ou d'une autre ils sont différents des autres. Bon nombre d'entre nous qui étions les enfants de parents dysfonctionnels avons grandi avec un vif sentiment de honte et de confusion.

NE CULPABILISONS PAS nous ne sommes pas seuls à avoir connu des expériences difficiles qui ont été niées par notre entourage. Parlons-en à nos amis, à des thérapeutes et prenons conscience que nous pouvons nous défaire de notre profonde conviction que nous devons porter le blâme pour les problèmes de notre famille.

Etant donné qu'il y a encore beaucoup à dire sur ce sujet, je vous invite à retrouver la suite d'ici quelques semaines.