critique

THEMATIQUE DE NOTRE VIE AU QUOTIDIEN

LA CULPABILITE

Avant d'aller plus loin dans l'argumentation de la culpabilité je souhaiterais insister sur le fait que nous ne pouvons pas être des personnes parfaites ! et heureusement ! Nous devons tous apprendre de nos erreurs et non pas nous en vouloir de ne pas avoir réussi à faire telle ou telle chose,  d'avoir oser dire non à l'autre, d'avoir dit telle ou telle parole, ou d'avoir montrer notre colère.

D'ailleurs, il n'y a rien de plus ennuyeuse qu'une personne trop parfaite ! Ne croyez-vous pas ?

Un grand nombre de nos problèmes psychologiques sont causés par la culpabilité qui est un sentiment destructeur pour un bon nombre d'entre nous.

Nous n'allons pas parler ici du sentiment de culpabilité que nous ressentons si nous nous sommes comportés de façon cruelle ou malhonnête envers quelqu'un mais de ces sentiments de culpabilité diffus et inconscients.

Nous allons donc argumenter sur ce fameux sentiment de culpabilité INCONSCIENT qui nous pousse à nous attirer frustrations, tristesse, solitude ou échec, certaines conduites destructrices physiques et morales, des angoisses ou du découragement sans raisons apparentes comme si nous ressentions le BESOIN DE NOUS PUNIR.

NOUS NOUS PUNISSONS SOUVENT POUR APAISER NOTRE SENTIMENT INCONSCIENT DE CULPABILITE !

Oui... L'humain est son propre rival.

Je pense que vous avez deviné que nous puisons ce sentiment de culpabilité dans notre enfance. Enfant, nous nous sommes convaincus et bien inconsciemment que nous étions responsables des souffrances, déceptions et insuffisances de nos parents ou des membres de notre famille. C'est précisément cette idée inconsciente (selon laquelle nous sommes coupables de tous ces maux) que nous appellerons "crimes imaginaires".

Enfants, avons-nous été responsables de la dépression de notre mère ? De l'alcoolisme de notre père ou de nos deux parents ? du décès de notre père ou de notre mère ? de la séparation de nos parents ?

Bien sûr que non ! Et pourtant nous nous punissons pour ces crimes imaginaires, des crimes que nous n'avons jamais commis, ou même qui ne se sont jamais produits mais que nous avons simplement imaginés !

Maintenant il se peut que j'étonne certains ou certaines d'entre vous par ce qui suit :

Nous ne sommes pas motivés exclusivement par notre intérêt personnel !

car :

Enfant, nous ressentons tous très fortement le besoin de protéger ceux que nous aimons et de prendre soin d'eux, tout particulièrement nos parents, nos frères et soeurs.

Cela vous dit-il quelque chose ????

Avez-vous observé la manière dont un aîné va se croire responsable de son cadet ? Si toutefois les parents amplifient cette responsabilité en demandant à l'aîné "de faire attention à son petit frère ou sa petite soeur", "de montrer qu'il est grand, qu'il doit montrer le bon exemple", etc... Cette responsabilité va devenir très lourde à porter pour l'enfant aîné et va rester programmée dans son inconscient jusqu'à l'âge adulte.

Certains d'entre nous, n'ont-ils pas vécu, enfant, l'impression d'être un fardeau pour leurs parents ? Ou l'impression d'être trop différents, ou trop actifs ou trop de... ou de pas assez de... en tout cas non conformes à l'attente de nos parents ?

Mais attention, dans certains cas, cela ne veut pas dire qu'effectivement nos parents attendaient quelque chose de nous... non !... nous avons pu aussi seulement le croire et grandir avec cette croyance.

A cause de notre nature altruiste et parce que notre survie dépend du maintien des liens qui nous unissent à nos parents, nos contacts avec ces derniers sont de la plus haute importance. Nous pouvons condamner tout trait de notre personnalité qui semble les déranger et nous conformer à leurs attentes car nous craignons de les blesser, de les "fâcher" et ainsi qu'ils nous retirent l'appui, l'amour ou la protection dont nous avons besoin pour survivre.

Prenons l'exemple d'un enfant plein d'entrain qui sent que sa bruyante énergie dérange sa mère déprimée en conclura peut-être que sa vivacité est un dangereux défaut ; il réprimera donc son enthousiasme pour devenir lui aussi, déprimé ou triste. Si par contre il garde sa vivacité, il se convaincra peut-être au fond de lui-même que son exubérance est mauvaise et fait du mal aux autres. Cette conviction inconsciente peut devenir si puissante qu'elle le poussera à agir de façon à faire de cette sombre conviction une réalité : il parlera peut-être sans y être autorisé en classe, ou se montrera désobéissant de façon à être réprimandé par ses professeurs !

C'est peut-être difficile à admettre... mais nous fonctionnons bien comme cela, mais nous n'en n'avons pas conscience

Prenons un autre exemple : un enfant dont la mère lui déclare qu'il n'a pas été désiré, qu'il est "un accident", cet enfant pourra culpabiliser d'exister et gardera ce non droit à l'existence à l'âge adulte et il se rejettera, se mettra de côté quand il sera avec les autres, si bien qu'il se sentira rejeté, ou bien choisira des gens qui le rejetteront ;

                                        ou la mère qui dit à son enfant que sa naissance a eu pour conséquence des problèmes de santé ; l'enfant grandira alors avec un fort sentiment de culpabilité d'être "mauvais", "de trop", "de faire du mal" et ensuite à tout âge il se punira d'exister, soit en restant avec des personnes toxiques, en évitant d'évoluer professionnellement, en refusant tout plaisir, en se dénigrant, en se croyant méchant, etc... Les exemples sont nombreux.

Ceux qui souffrent d'un fort sentiment inconscient de culpabilité peuvent ruiner leur mariage, s'aliéner leur famille, saboter leur carrière, devenir toxicomanes ou souffrir d'anxiété et de découragement. Ceux pour qui ce sentiment inconscient de culpabilité est moins écrasant se puniront de façon moins flagrante en dépensant de l'argent, en critiquant sans cesse leur conjoint, ou en "oubliant" constamment de garder du temps pour les activités qui sont le plus susceptibles de les nourrir.

Il arrive quelquefois que ce sentiment de culpabilité naisse aussi de situations traumatiques dans l'enfance comme les accidents et les maladies (aussi bien les nôtres que celles des membres de notre famille), les agressions physiques ou sexuelles, les problèmes financiers de la famille, l'alcoolisme d'un parent ou des deux ; ce qui nous amènent à parler de parents "dysfonctionnels".

Des parents doivent être considérés comme dysfonctionnels lorsqu'entrent en jeu l'alcoolisme, la toxicomanie, l'obsession sexuelle, la passion du jeu, la boulimie, un comportement criminel, une maladie grave physique ou mentale ou autres affections graves. Mais que ces facteurs soient présents ou non, si un enfant est agressé physiquement, émotionnellement ou sexuellement, ou gravement négligé, si on ne lui donne pas les soins et la compréhension dont il a besoin pour une croissance psychologique saine, alors le père ou la mère ou les deux doivent être considérés comme dysfonctionnels.

Il est important de savoir que les enfants se remettent des traumatismes de leurs premières années d'une façon remarquable POURVU QU'IL LEUR SOIT PERMIS D'EN PARLER AVEC LEURS PARENTS OU AVEC DES FIGURES PARENTALES OU DES SOIGNANTS CAPABLES DE LES AIDER. Malheureusement dans une famille dysfonctionnelle, on nie l'existence des troubles, soit parce qu'il y a une réelle inconscience des problèmes soit pour sauver la réputation de la famille, soit par manque de confiance et de volonté.

Généralement, les enfants ne se rendent pas compte sur le moment que leur famille est dysfonctionnelle. Ce n'est souvent que bien des années plus tard, lorsque, devenus adultes, ils cherchent à régler leurs problèmes psychologiques qu'ils se trouvent confrontés au fait que leur père ou leur mère ou les deux aient pu être modérément ou gravement dysfonctionnels.

Lorsque les parents d'une famille dysfonctionnelle nient constamment l'existence d'un problème, l'enfant qui a bien senti tout de même que quelque chose n'allait pas au sein de l'ambiance familiale puisqu'il se sent triste, effrayé, inquiet et irrité, croira qu'il est responsable de tout ce qui ne va pas. Si les parents livrent le genre de message : "avant ton arrivée, maman et moi étions heureux" "depuis que tu es né (e) plus rien ne va" " c'est à cause de toi que papa boit" etc... le malaise de l'enfant ne fera qu'empirer et l'enfant croira qu'il est méchant, égoïste, indigne et responsable des maux et déceptions de tous ceux qui l'entourent.

Si nous sommes issus d'une famille dysfonctionnelle, il nous est peut-être très difficile d'accepter quelque critique que ce soit. Comme nous nous sentons DEJA TELLEMENT COUPABLES ou responsables, à la moindre critique, nous serons peut-être immédiatement sur la défensive car en RECONNAISSANT toute imperfection, nous ressentirons un intolérable sentiment de culpabilité. Cette défense peut être encore plus forte si nous nous identifions à une mère ou un père qui ne pouvait souffrir la moindre critique. Afin d'éviter les critiques, l'enfant s'efforcera peut-être sur certains plans d'être tellement parfait que personne ne trouvera l'occasion de le critiquer ou inversement. Le résultat direct de ces tendances perfectionnistes est que les enfants issus de familles dysfonctionnelles font souvent d'excellents employés.

Fréquemment, la capacité qu'ont un père ou un mère dysfonctionnels de comprendre leur enfant et de partager des moments avec lui est passablement diminuée : l'enfant grandira peut-être avec l'impression que même si son père ou sa mère ont su subvenir à ses besoins matériels, ils étaient souvent distants ou émotionnellement absents. Il en viendra à croire qu'il n'est pas digne d'être aimé et de mériter l'attention d'une autre personne. Il pourra en conclure aussi que les autres ne sont pas compatissants et qu'ils ne feront jamais d'efforts pour le comprendre ou pour répondre à ses besoins. Ces deux convictions seront un obstacle dans le développement de ses relations intimes et heureuses.

Le partenaire d'une personne dysfonctionnelle est parfois tellement dépassé et surchargé qu'un enfant peut facilement penser que ses propres besoins sont tout simplement excessifs. Devenus adultes, bon nombre d'enfants issus de familles dysfonctionnelles se croiront coupables d'avoir été un fardeau pour leurs parents et coupables de les avoir abandonnés lorsqu'ils quitteront la maison familiale : laisser papa seul avec maman, atteinte de maladie mentale grave, ou laisser maman seule avec papa qui est un alcoolique peut paraître terriblement cruel.

De nombreux enfants de parents dysfonctionnels grandissent avec la conviction qu'ils ne peuvent tout simplement pas faire confiance aux autres sur le plan affectif parce qu'ils se sont sentis trahis affectivement par leur père ou leur mère. Et quand il y a un dénie de la part des parents, les enfants pourront grandir avec l'impression que d'une manière ou d'une autre ils sont différents des autres. Bon nombre d'entre nous qui étions les enfants de parents dysfonctionnels avons grandi avec un vif sentiment de honte et de confusion.

NE CULPABILISONS PAS nous ne sommes pas seuls à avoir connu des expériences difficiles qui ont été niées par notre entourage. Parlons-en à nos amis, à des thérapeutes et prenons conscience que nous pouvons nous défaire de notre profonde conviction que nous devons porter le blâme pour les problèmes de notre famille.

Etant donné qu'il y a encore beaucoup à dire sur ce sujet, je vous invite à retrouver la suite d'ici quelques semaines.